Comparatif des méthodes de scan 3D : de rien à la maquette numérique

En ce début d’année, Bimeo a voulu comparer les méthodes de scan pour le bâtiment en mettant à l’épreuve l’application Ar2build, la solution développée par notre équipe. Nous avons testé trois méthodes pour vous et après un temps de traitement de l’ensemble des informations… les résultats sont là !

Pour ce test, nous nous sommes rendus dans un bâtiment affrété pour l’occasion. Nous étions accompagnés de Dominique Poirot, responsable du Centre de Ressources Numériques du Bâtiment de la FFB (Fédération Française du Bâtiment) qui nous a mis à disposition un outil de travail qu’il utilise régulièrement.

 

 

Les trois méthodes comparées, de gauche à droite :

  • le relevé manuel au laser,
  • l’application smartphone AR2BUILD
  • le scanner infrarouge Leica

 

 

Test 1 : le relevé au télémètre laser

Un papier, un crayon et un laser manuel… C’est la méthode historique de relevé en phase chantier. Une méthode ancienne toujours très utilisée par des artisans, qui voient les nouvelles technologies de relevés comme un investissement lourd.

Nous avons légèrement amélioré cette méthode dans le cadre de ce test. Le télémètre laser utilisé est lié à une application sur tablette grâce à une connexion Bluetooth. Cela nous a fait gagner beaucoup de temps puisque l’application utilisée permet de positionner manuellement les murs scannés en conservant les distances dans un plan.

Le gain principal, c’est surtout que le plan obtenu peut être traité sur ordinateur pour en faire une maquette numérique.

Laser manuel : bilan

Le laser manuel est une méthode intéressante pour scanner une petite surface. Le processus est long, pour une précision le plus souvent approximative. La maquette doit être entièrement conçue à partir des plans papiers ou digitaux dans le cas présent. Un procédé lourd, inadapté au contexte de transition énergétique du bâtiment et au BIM.

Pour mettre en pratique cette méthode, il faut compter environ 4€/m².

 

Test 2 : le relevé en scan infrarouge avec le Leica BLK 360

Le scan du bâtiment

L’appareil utilisé en second lieu est le Leica BLK 360. Composé d’un système d’imagerie sphérique et d’un capteur panoramique infrarouge, il promet de capturer la réalité 3D avec un simple bouton. En réalité, il suffit de placer l’appareil aux quatre coins d’une pièce pour qu’il la scanne entièrement en détail.

Le suivi du scan se fait en temps réel directement sur une tablette numérique avec l’application Recap Pro (version mobile fournie avec l’appareil). A chaque déplacement de l’appareil, nous suivons l’évolution et l’exactitude du scan sur l’application, ce qui permet de revenir en arrière si l’on remarque une anomalie.

 

 

Entre chaque pièce, il est nécessaire de faire un scan de jonction. Cette étape va permettre de lier une pièce à l’autre, c’est le procédé de relevé continu. Une fois le scan fini, il faut connecter la tablette tactile à un ordinateur équipé de Recap Pro (version desktop).

Cette première étape nous a pris 4H.

La création de la maquette numérique

Une fois Recap Pro ouvert sur notre ordinateur, nous avons transféré le fichier de la tablette vers l’ordinateur. On retrouve l’ensemble du projet scanné dans un fichier unique. Il faut maintenant le synchroniser et procéder au recalage automatique pour lier l’ensemble des points créés lors du scan et superposer l’ensemble des pièces.

Le recalage automatique peut suffire dans certains cas, mais nous avons dû passer par du traitement manuel lors du test. La raison ? L’étage était incliné par rapport au rez-de-chaussée à cause du passage de l’escalier.  Cela est probablement dû au fait que la technologie Leica BLK 360 nécessite un peu de pratique avant d’être parfaitement optimisé.

La maquette est créée à partir d’un nuage de point ultraprécis

Suite au recalage automatique, nous avons procédé au nettoyage du nuage de points pour enlever l’ensemble des informations (des points) non nécessaires à l’établissement de la maquette numérique (le mobilier d’intérieur, le bâtiment étant déjà meublé). Suite à cette étape on se retrouve avec notre nuage de points final en format .rcp (pour Recap Pro).

Il est maintenant temps de passer sur Revit pour établir la maquette numérique. On y importe le fichier en .rcp récemment créé. Puis vient l’étape la plus fastidieuse, qui consiste à dessiner les murs, les ouvertures en fonction des points du nuage. On obtient alors notre maquette numérique finale.

La création de la maquette numérique à partir du scan réalisée nous a pris 16H.

Leica BLK 360 : bilan

Résultat : le Leica BLK 360 est une machine très pointue qui permet un scan extrêmement précis avec une utilisation plutôt simple sur le terrain. Cependant cette solution nécessite un traitement lourd et très chronophage pour arriver à la maquette numérique finale.

Pour cette méthode, il faut s’imaginer un investissement à hauteur de 18€ / m².

 

Test 3 : le relevé sur smartphone avec AR2BUILD

Le scan du bâtiment

La troisième solution testée est notre application de scan 3D. Il suffit d’un smartphone équipé de notre technologie pour débuter le scan.

Nous avons commencé par placer le sol et le plafond de la pièce, avant de scanner les murs de celle-ci. Pendant le scan, nous ajoutons directement sur l’application les ouvertures de notre pièce, ainsi que les annotations sous forme de post-it si nous observons un défaut dans le bâtiment existant. L’opération est répétée pour l’ensemble des pièces, que l’on lie, juxtapose et superpose directement à la fin du scan.

L’application AR2BUILD guide pas à pas l’utilisateur
L’application détecte automatiquement les surfaces (sols, plafonds et murs). Les ouvertures sont elles placées en deux clics.
Il nous a fallu environ 2 heures pour scanner le bâtiment et lier les pièces entre elles.
Résultat à la fin du scan 3D avec l’application AR2BUILD

 

 

 

La création de la maquette numérique

Dans Ar2build, le résultat final de votre scan est déjà une maquette numérique en format IFC ! La maquette a été reprise avec un éditeur de type Revit pour faire apparaître le bâtiment vu de l’extérieur.

Aller plus loin : exploiter la maquette

Vous souhaitez exploiter la maquette IFC ? C’est possible ! Il suffit de se connecter à son compte Bimeo via Ar2build et transférer le fichier en format IFC. Une connexion internet est requise pour cette étape. La maquette apparaît dans Bimeo au sein d’un espace dédié pour être récupérée et exploitée. On peut à présent visualiser les données quantitatives de chaque objet. On retrouve également l’ensemble des post-it créés sous forme d’annotations au format BCF (voir notre article sur les annotations BCF). Il est également possible de télécharger la maquette et de l’ouvrir dans des logiciels métier autres pour modifications.

AR2BUILD : bilan

Notre offre de scan 3D est une application conçue pour le gros œuvre. Elle permet un scan très rapide à des frais mesurés et la maquette est directement créée dans l’application. Cependant notre solution n’intègre pas encore un degré de précision à la hauteur du Leica.

Ar2build est capable de scanner en tenant compte de chaque élément d’une pièce de manière distincte en un geste continu et seulement quelques clics sur le smartphone. L’application génère la maquette numérique de l’espace scanné directement via son interface.

Il faut compter sur un coût avoisinant les 3€ / m²

Bilan d’une journée de test

3 solutions, 3 processus pour arriver au même résultat final : la maquette numérique ! Qu’importe votre choix, la méthode que vous utilisez pour votre activité doit être réfléchie selon plusieurs critères (coût, précision, durée…). A partir de notre comparatif et des résultats présentés ci-dessus, vous saurez désormais quelle méthode s’adapte le mieux avec votre besoin de construction / d’aménagement / de rénovation.

Merci encore à la FFB d’avoir contribué à ce teste grandeur nature et aux membres de notre équipe qui se sont appliqués pour présenter un résultat le plus objectif possible.

 

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1 message pour “Comparatif des méthodes de scan 3D : de rien à la maquette numérique

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